RIG 09

La maison, située à quelques km de Cahors sur une pente orientée vers le Nord, est desservie par une route de crête bordée de maisons toutes individuellement implantées de la même manière: tout prés de la route.

L’arpentage et le relevé laborieux du terrain boisé nous indique que les courbes de niveaux qui le définissent sont rigoureusement orientées Est/Ouest.
La DDE demande de partager l’accès avec son voisin.

Dans cette forêt de chênes, une clairière est déjà là et nous indique une échappée vers l’Ouest.
Les chênes ici sont plus hauts qu’au sud: un peu plus de terre végétale... mais la roche calcaire est proche.

Si l’on construit de plain-pied en limitant les coupes d’arbres, il faudra soigner la surface du toit dominé par la route.
Le maître d’ouvrage a rejeté la première hypothèse de construire sur 2 niveaux, puis la deuxième hypothèse de construire de plain- pied... Finalement la maison aura 2 niveaux.

Cette hypothèse est plus économique, elle permet de séparer simplement les parties « jour » et les parties « nuit », elle permet à la maison de se dresser à un niveau suffisant pour donner sa ligne de ciel à la ligne d’horizon de la crête, tout en prenant place dans la zone précise ou la pente s’accélère vers le Nord et de s’éloigner de la route.

La maison sera donc un prisme strictement orienté Nord/Sud révélant la pente en son point d’inflexion.
Les chênes en bas du terrain sont grands et dominent toujours la maison.

Les deux grands murs sont séparés de 479 cm en permettant une portée raisonnable (hypothèse de plancher bois puis poutrelles béton) et la création d’un grand espace oblong pour la salle de séjour et la cuisine.

La piscine prend place dans la logique de la clairière profonde et le prolongement d’une transparence complète d’Est en Ouest: La terrasse Est, protégée par un dispositif de 2 murs écrans et d’une palissade de bois reçoit néanmoins l’énergie du couchant à travers toute la maison. Le plafond du séjour est cintré pour augmenter la tension spatiale entre les deux directions, il contient les fluides issus de l’étage, qualifie les cadrages verticaux vers les grands chênes du Nord et la cheminée, et enfin il reçoit les reflets aquatiques de la piscine en fin de journée...

Ainsi la maison se dresse face à la combe profonde et donne sa paroi ouest à réfléchir dans l’eau de la piscine.
Le patio de l’étage éclaire une troisième chambre programmée comme bureau dans la continuité de la «suite des parents».

Ce dispositif permet de se soustraire à la nécessité d’ouvrir des baies à l’étage vers l’Ouest ou l’Est : ainsi la maison fait front dans le lointain, elle apparaît d’abord comme totalement opaque et s’ouvre progressivement vers des cadrages choisis en fonction des mouvements du sol mais également des voisins que les arbres effeuillés en hiver rendent plus proches...

À la demande du maître d‘ouvrage, certains parements et revêtements préalablement programmés en pierre furent remplacés par des enduits lisses: les détails des seuils et des encadrements des baies (tôle d’acier avec peinture époxy) ont permis de gérer ces restrictions sans porter atteinte à l’unité.

« L’architecture c’est, avec des matériaux bruts, établir des rapports émouvants » lui-même.