ALUNEA 03

« Cherches-tu la flexibilité ? Continue à bâtir tes murs avec la pierre » Luigi Snozzi

 

 

La zone artisanale des Chams Pinsons résulte d’une succession de décisions (ou d’indécisions…) contradictoires et mal contrôlées qui ont contribué à la fabrication d’un paysage caricatural ou le boulevard du Libre Échange et la rue du Négoce… permettent aux automobilistes consommateurs de circuler (« y a rien à voir ») parmi quelques caisses métalliques (abritant des ateliers, des stocks de produits divers, des bureaux, une caisse d’assurance maladie, un cabaret…) bordées d’aires de stationnement dont les grandes surfaces presque toujours vides disent tout l’intérêt que notre société porte à l’activité économique et aux déplacements humains… La règlementation d’urbanisme (P.A.Z.) a pris soin de produire le plus d’espace possible entre les bâtiments afin qu’un peu de « Nature » puisse égayer tout cela.

Le terrain est traversé par une servitude d’égout vanne ainsi qu’une ligne aérienne de haute tension, le bon sol se trouve à 5 ou 6m de profondeur (fondations profondes), la totalité du terrain a été jadis recouverte pas les déblais du métro toulousain, enfin le point bas du terrain est susceptible d’être inondé par grande pluie ce qui nécessite la mise en place d’un système de rétention.

Le maître d’ouvrage souhaitait dans un premier temps bâtir sur toute la surface du terrain (acquis à bas prix…) un programme de bureaux et de services : le contecte économique et les coûts importants générés par le mauvais sol, l’ont conduit à envisager une construction phasée dont la première tranche puisse servir de test et d’image livrée aux futurs acquéreurs.

L’exigence de qualité partagée avec le maître d’ouvrage pendant de longues phases d’études a nourri ce projet depuis les plus infimes détails de mise en œuvre jusqu’aux études de divers scénarii d’occupation.

 

Un cabinet dentaire et un bureau en attente d’affectation sont venus se glisser aisément dans cette « boîte » de 170m² H.O.N. conçue comme un bloc monolithe dont la présence dans le site ne devait pas laisser supposer une quelconque attente de compléments pour atteindre une unité renvoyée au futur.

De même, l’hypothèse d’une construction métallique « légère » et compatible avec le système de fondations profondes (12 pieux) a été écartée selon la préoccupation partagée d’un désir de pérennité qu’un bâtiment « démontrable » aurait pu contredire (les images de bâtiments « froissés » par le souffle de l’explosion d’A.Z.F. ont probablement contribué à ce choix…).

Ainsi, une fois écartée l’hypothèse d’une construction en pierre ou en béton armé (vœux pieux de l’architecte…), un système rationnel de construction en maçonnerie de blocs de béton s’est superposé à celui de longrines préfabriquées de faibles portées que l’entreprise chargée de réaliser les pieux a mis en œuvre en une demi-journée. La nature du sol et la nécessité de prévoir l’évolution des réseaux de fluides (dispositif devenu précieux pour installer le fauteuil du cabinet dentaire) ont généré la création d’un vide sanitaire rendu facilement accessible pour la maintenance par une simple tranchée dans le sol. Ce dispositif permet de poser le plancher 0 au-dessus du niveau de la chaussée et donne lieu à un travail précis sur la rampe d’accès et les différents seuils.

La lumière pénètre abondamment par une verrière linéaire le long de la plus grande paroi, par la loge d’entrée orientée vers l’ouest et enfin par un patio ombragé dont les parois vitrées se renvoient les images des murs éclairés et des ombres portées (ces effets lumineux participent de la dilatation horizontale de l’espace et procurent une sensation de quiétude, loin du chaos de la zone artisanale…).

 

L’emploi systématique d’un plafond suspendu continu et homogène (pas de dalles…) ayant fait l’objet d’études poussées permet de régler (c’est-à-dire de rendre cohérentes et discrètes) toutes les suggestions d’éclairages artificiel, de conditionnement d’air et de mise en œuvre soignée des baies, de la grille de fermeture…etc.

Un enduit ciment a reçu une couche de peinture minérale (après procédés de bouchages et d’application de films spécifiques pour anticiper les micro-fissurations…) contraste avec la blancheur de l’intérieur.