SANS RECOMMENCEMENT, PAS DE COMMENCEMENT
COSA MENTALE - carnets d’architecture et de résistance #11

« Autrefois moi aussi j’ai considéré l’avenir comme seul juge compétent de mes œuvres et de mes actes. C’est plus tard que j’ai compris que le flirt avec l’avenir était le pire des conformismes, la lâche flatterie du plus fort. Car l’avenir est toujours plus fort que le présent. C’est bien lui en effet qui nous jugera. Et certainement sans aucune compétence. Mais si l’avenir ne représente pas une valeur à mes yeux, à qui suis je attaché : à Dieu ? à la patrie ? au peuple ? à l’individu ? Ma réponse est aussi ridicule que sincère : Je ne suis attaché à rien sauf à l’héritage décrié de Cervantès. »
Milan Kundera (1)
L’architecture c’est…………………………………………..
L’architecture c’est l’art de bâtir les espaces ou habitent les hommes.
L’aventure de l’architecture a commencé il y a environ cinq mille ans et nous la considérons d’une certaine façon depuis qu’il y a environ six cent ans, Léon Battista Alberti (nous ne parlons ici que de l’Europe) en a fait, pour aller vite, un ensemble structuré de concepts au sein d’une discipline.
Avant cela il fallait, pour transmettre l’art d’édifier, traduire et non trahir les secrets des discrets bâtisseurs. Les écoles d’architecture n’existaient pas encore.
L’architecture vient donc de commencer et celle ci traverse, elle aussi, une crise: Une crise de croissance semble t’il…
Certains architectes semblent manquer de repères. Entre un passé peuplé de catastrophes et un avenir sans espoir, les « post modernes » (sorte d’adolescents permanents convaincus de leurs « créativités » et de la nécessité de marquer à chacun de leurs gestes les esprits de leurs clients incultes avec ceux de leur hypothétique public branché) ont jeté le bébé et gardé l’eau du bain. Par ailleurs, historicistes et nostalgiques de tous bords continuent de coller leurs photomontages sur les rétroviseurs de l’histoire, proclamant ça et là l’existence de quelque tradition qui se meurt. Et puis voici l’avenir à nouveau convoqué, les leçons de l’Histoire ne suffisent plus.