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Qu’allons nous transmettre aux générations futures ? On se souvient à nouveau que les choses bâties doivent durer, qu’elles doivent nous survivre… On va « sauvegarder » les choses, la vie… « Au cas où : on ne sait jamais ». Qu’est ce donc ce que jamais nous ne saurons ?

 

L’architecture n’est pas une religion, elle ne dispose pas d’une Tradition, encore moins d’un clergé ; Peut être quelques comportements sectaires, quelques clans peuvent donner ça et là l’illusion  d’inavouables communautés.

Une conception ancestrale de la tradition : transmission continue des savoirs, des savoir faire…etc. n’est évidemment plus possible : on ne peut pas transmettre tous les savoirs et tous les savoir faire : on transmet DE l’architecture et non pas l’Architecture…

Sans doute en cherchant bien trouvera t’on quelque groupe revendiquant la tradition de ceux qui n’en ont pas;

Il semble cependant que le redoutable recyclage des images et des figures du passé (y compris celles de ce matin systématiquement nommées et classées vers leur irrésistible passé), auquel nous assistons impuissants, soit capable d’annuler à lui seul toutes les autres  potentialités de traditions. La grande lessiveuse postmoderne continue en mode « post post » son entreprise de production nihiliste. Nous sommes de toute façon, pour l’heure, assignés à l’indifférenciation planifiée, dans laquelle la somme des postures faussement différentes (c’est à dire des impostures) semble satisfaire le public, les médias, les écoles.

Les oeuvres d’architecture ne sont pas faites de leçons apprises et rendues.

Souvent, dans les écoles d’architecture, on fait des « rendus » : On restitue des choses empruntées en les recouvrant d’enluminures et de clins d’œil complices destinés à rassurer les pédagogues inquiets sur la capacité des futurs diplômés à singer leurs postures si singulières et si libérées, finalement.

Chaque architecte (personne qui fait de l’architecture) peut participer à un commencement de l’architecture…

Chaque architecte ne peut pas avoir lu tous les traités anciens, il ne peut pas avoir vu toutes les œuvres de ses prédécesseurs (diplômés ou non): il choisit d’en côtoyer certaines plus que d’autres : il établit  sa propre « filiation», il choisit ce dont il désire hériter, il cultive les champs de ses connaissances. Certains architectes, et parmi les plus grands, n’ont pas étudié dans des écoles d’architecture.

 

Nous pouvons donc hériter librement, continûment, avec la légèreté nécessaire à toute découverte et avec la conscience de celui qui sait ce qu’il cherche. Car hériter c’est découvrir – dé-couvrir – en éclairant de sa conscience, de son présent, une chose qui cherche non pas à revivre mais à permettre que nous puissions la comprendre d’abord puis éventuellement  la traduire, ou la trahir : « Un tel s’inscrit dans la tradition de…, tel autre rompt avec la tradition de… »

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