2- Indiquer à l’étudiant architecte les chemins susceptibles de le conduire à devenir un architecte, et non pas un amateur en architecture (encore moins le titulaire d’une licence ou d’un master), ce qui suppose d’avoir des positions claires et d’en assumer l’isolement qui en découle.
On devient architecte en construisant et en faisant des projets d’architecture, en «livrant des offrandes à l’Architecture» comme disait Louis Kahn.
Prendre conscience de devenir architecte, c’est d’abord re-connaître les limites, c’est à dire la puissance, de l’architecture, c’est ensuite consentir à conjuguer ses propres limites (sa propre puissance...) avec ce que l’ «époque» permet aux architectes pour exercer leur métier.
Ce consentement ne peut s’opérer qu’en connaissance des choses de l’architecture et des choses de «soi» que l’activité projectuelle, fondée sur des expériences de créations (et non pas d’imitations), révèle et construit.
Enfin, je crois qu’un architecte qui assume d’enseigner de l’architecture doit montrer aux étudiants architectes, qu’il cherche sincèrement et constamment à progresser, qu’il n’est pas là que pour distribuer du savoir ou des procédés accumulés avec ses cheveux blancs mais qu’il redécouvre, qu’il prend connaissance à nouveau des choses de l’architecture qui vient de commencer puisqu’elle n’a que 5000 ans, à peu prés.
Sans vision, rien à transmettre.
Sans chemin, rien à atteindre.
Sans recommencement, pas de commencement.
TRANSMETTRE COMMENT FAIRE DE L’ARCHITECTURE
Un architecte c’est quelqu’un qui fait de l’architecture, c’est à dire qui fabrique des espaces.
J’essaie de transmettre ce que je connais.
Cela suppose, après quelques réflexions, de transmettre également ce que je cherche à connaitre.
Ce que je connais c’est quelques choses de l’architecture... , cela diminue chaque jour mais j’ai appris à ne plus en avoir peur.
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Je suis capable de dire: «vous devez réaliser que les deux premières «forces» avec lesquelles nous devons travailler sont la lumière et la gravité...» et quand je rentre au bureau, la mémoire de mes belles paroles (dont la plupart sont volées aux grands maitres) associée à la critique des dessins du projet en cours me rappellent que je commence tout juste à devenir un architecte.
Je crois que cette question du commencement, qui est celle du vouloir et du faire, est au coeur de la condition d’existence de l’architecture.
Louis Kahn, par ses oeuvres et ses paroles, nous l’a merveilleusement transmis. Ce que je cherche à connaitre c’est chaque possibilité de faire un projet ou de le déplacer jusqu’à ce qu’il trouve sa place, chaque commencement. Quand un étudiant découvre une façon de fabriquer un espace à travers l’expèrience du projet, de sa critique ou de celle de l’oeuvre d’un maitre, je chemine à nouveau avec lui dans une connaissance: je peux découvrir à nouveau une vérité qui ne se manifeste qu’à travers le projet mais qui convoque d’autres projets, d’autres moments de l’architecture, d’autres disciplines parfois...