
D’un établissement humain et de la géologie: Le hameau de Cadirac a été bâti à mi-pente au bord d’un plateau jadis très cultivé, car protégé des vents dominants et bien ensoleillé: Il est aujourd’hui colonisé par des lotissements de maisons dites individuelles… Il fut jusqu’au siècle dernier relié à la vallée non pas par la route venant du centre de Foix mais par l’actuel Chemin Vieux qui menait à l’Arget. La faible pente du plateau fertile, la proximité de la rivière avec ses moulins, ses forges et leurs besoins en charbon de bois..., les sources ( le ruisseau qui passe sous la placette prend sa source un peu plus haut et trois sources, alimentées aujourd’hui par la Régie des eaux..., « décorent » le hameau) furent autant d’éléments qui ont favorisé l’implantation des hommes. Ceux qui ont bâti ces maisons ont pris soin de contrôler le ruissellement des eaux en créant des rigoles de pierre en plein champ…, ils ont transporté de gros galets depuis la rivière et les ont liés avec un ciment grossier pour dresser les murs de leurs maisons comme ceux de leurs clôtures. Une enquête géologique récente, effectuée sur un site assez proche et proposant une topologie similaire à celle de notre terrain, révèle qu’en dessous d’une couche de sables et de graviers pris dans une matrice argileuse se tiendrait une roche granitique… contrairement aux autres massifs qui bordent la ville.
La prise en compte de la pluviométrie (« quand il pleut, il pleut Bien »...) et la nature pressentie du sol sont deux éléments fondamentaux de ce projet.
Cette école sera le plus grand bâtiment de ce site: faut-il construire un ou plusieurs bâtiments ?
Sa plus grande « façade » sera son toit. Son sol : elle doit le conquérir.
« Au volant de chaque voiture il y a au moins un être humain » (Luigi Snozzi) et 90% des enfants arriveront en voiture, soit environ 135 enfants...
Il faudra donner aux salles de classe les meilleures conditions de lumière naturelle et de relations avec l’extérieur. La meilleure lumière pour une salle de classe vient du nord... Les parents doivent pouvoir accompagner leurs enfants jusque dans la classe maternelle. Y a t il une cour ou deux cours ? S’il y en a deux, elles devront être reliées. L’école doit impérativement pouvoir un jour s’étendre vers l’ouest, sans altérer ses conditions d’ouverture et d’accès.
Le bâtiment dans le paysage : un entablement
Après avoir dressé la coupe du terrain, il fut aisé de voir que le volume bâti pouvait vite devenir trop important et menacer l’équilibre du site (surtout si l’on considère le paysage vu depuis le chemin de grande randonnée qui limite et surplombe le terrain et donne à voir le célèbre château qui surplombe la ville ) si l’on ne procède pas par soustraction. La nature du sol et la forte probabilité de ruissellements ne permettant pas d’enterrer quelques parties du bâtiment, il s’agissait de situer à bon escient les ouvrages de soutènement en disposant le programme selon un ordre, une hiérarchie, que l’exigence de lumière pour les salles devait dominer.
Quelles liaisons selon quelles lumières ?
Ainsi les salles de classe maternelle se sont appropriées le privilège d’être d’abord ouvertes vers le nord, de plain-pied avec leur cour, laquelle dominant de quelques décimètres l’aire de sport, offrant en cela aux enfants une position de surplomb et des conditions d’ouvertures indépendantes du voisinage des maisons situées à l’est.
CAD 03 école primaire et maternelle