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Traduire ou trahir ?  Dans les deux cas, il vaut mieux connaître ce dont il s’agit.

Revoilà la vieille difficulté : de QUOI s’agit il et COMMENT le Faire ?

Il arrive que pendant nos « longues recherches patientes », on ne puisse pas recevoir, n’étant pas toujours prêts, la puissance, la beauté d’une œuvre désignée comme « classique » voire « universelle ». Dans les temps de nos vies, certaines œuvres semblent nous attendre ; Elles attendent que nous les comprenions : que pourraient elles attendre d’autre ? Leur futur ? Il est déjà passé. Leur véritable fin ? C’est déjà fini.

« Est classique ce qui parle de telle manière qu’il ne se réduit pas à une simple déclaration sur quelque chose de disparu, ou à un simple témoignage sur quelque chose qui reste à interpréter ;  C’est au contraire ce qui, à n’importe quel présent, dit quelque chose comme s’il ne s’adressait qu’à lui. » H.G. Gadamer  (2)

En oeuvrant à son tour, et nous n’œuvrons jamais seul,  chacun inscrit son travail dans le temps partagé, dans le monde.

Je crois que faire de l’architecture c’est participer au commencement d’un monde.

Cela devrait être simple : cet écart volontaire et silencieux.

Cet espace immobile mais aussi en mouvement.

Toutes ces lumières sur ce simple mur qui ne mourra jamais !

C’est très difficile, c’est très compliqué… et nous n’œuvrons jamais seul.

 

Les grands architectes (connus ou anonymes) ont élaboré en leurs temps des nouvelles façons de faire des projets d’architecture, de fabriquer des espaces, de poser certaines questions qui leur semblaient nécessaires à certains moments, moments qu’ils n’avaient pas véritablement choisis. Parfois, certaines œuvres ont atteint un tel niveau d’invention (architecturale bien entendu) que notre regard sur toutes les autres œuvres d’architecture s’en trouve transformé.

Les leçons de la maison Farnsworth ne nous empêchent pas de recevoir celles de cette chapelle romane. Elles sont toutes les deux très éloignées ou très proches de nous selon nos désirs de les comprendre.

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Manifestement nous ne sommes pas supposés être capables de voir le monde comme ce bâtisseur du XII ième siècle: Seuls quelques érudits, c’est entendu, peuvent livrer, au mieux, une certaine représentation de ce que pouvait penser un bâtisseur du XII ième siècle.

Mais ce qu’un architecte voit dans cette chapelle romane, c’est le commencement d’un monde, car s’il en voit (disposant de ses yeux) le résultat, le souffle, les lumières… il y mesure également, disposant de son esprit cultivé et de son âme désirante, les épreuves de sa conception et de sa mise en œuvre: Comment cette voute vient elle s’appuyer sans aucun effort apparent ? Quel combat fut livré dans cet angle pour qu’il me soit si familier ? Quelles règles ou absence de règles… ? La lumière semble jaillir des pierres et tout vient de dessous ! Tout ce travail dans ce seuil que je n’avais pas encore vu… Cette puissance dans cette petite bâtisse qui résonne au dedans comme au dehors…

 

Je ne sais pas faire un toit.

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